Auteur/autrice : sales77
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Colombie:Mémoire du Nouveau Monde
La Colombie n’est pas une destination de voyage classique.Affrontant l’océan dans son écrin de murailles, Carthagène des Indes est un joyau de l’architecture coloniale espagnole. Elle garde les traces d’un passé héroïque et brutal. C’est ici que siègea l’Inquisition. Ici qu’accostèrent les navires négriers.Cartagena de Indias, Carthagène des Indes… Son seul nom fait rêver. Fondée par un hidalgo au nom de poète *, elle est un véritable joyau posé au bord de l’océan, dans un écrin de murailles et de forteresses. De son passé de près de cinq siècles, on saura qu’il fut espagnol, héroïque et brutal. Car c’est par ce port que transita une immense partie de l’or et des pierres précieuses volés aux Amérindiens. C’est ici, avec Lima et Mexico, que siégea l’Inquisition dès 1610 et que l’on instruisit maints procès en hérésie et sorcellerie. Ici encore qu’accostaient les navires négriers. Mais cette ville résista en 1815 à la soldatesque espagnole, perdant 6 000 de ses habitants, quand, après avoir proclamé son indépendance, elle se vit assiégée par les armées de Ferdinand VII qui, de Madrid, voulait remettre au pas les colonies rebelles.De ce passé de violence, rien n’est encore effacé. Et les pauvres, ici, ne sont jamais aussi pauvres, et méprisés, que lorsqu’ils sont africains ou amérindiens d’origine. Rien de tout cela ne peut être ignoré avant de parcourir l’une des plus belles villes du Nouveau Monde. Comment décrire ces architectures altières, ces façades hardiment colorées aux longues galeries de bois surplombant des guirlandes de balcons croulant sous des cascades de jasmins et de bougainvillées ? Comment dire ces demeures superbes, dont les patios jalousement cachés semblent être la quintessence de l’éden ; ces rues ombreuses et sonores la nuit, où l’on croit toujours voir scintiller quelque épée de conquérant? Ces places et leurs terrasses de cafés joyeuses, magnifiques salons de plein air dont les murs abritent des palais ou des églises. Comment décrire ce fascinant squelette de la plaza de Toros de la Serrezuela ? Ces façades de théâtres eurent leurs heures de gloire vers 1900. À l’intérieur des murs, palais, cloîtres et cathédrale sont autant de joyaux de l’architecture coloniale des xvie, xviie et xviiiesiècles. Mais il existe tout un quartier édifié à la fin du xixe siècle : el barrio de Getsemani, de l’autre côté du paseo de Los Martires, paraît droit sorti des studios du cinéma sud-américain des années 1940-1950. C’est ici, calle de l’Arsenal, que se concentre la vie nocturne, bien loin du quartier moderne de Bocagrande, bien loin aussi des banlieues misérables. Il y règne une atmosphère ténébreuse qui évoque un monde oublié, hanté de femmes fatales et de beaux aventuriers. En Colombie, vous pourrez séjourner dans des auberges de jeunesse. -
Antilles françaises : bonnes raisons d’y aller
L’euro comme monnaie locale, le téléphone, même mobile, qui fonctionne comme à la maison, les menus qui n’omettent ni la baguette de pain ni le verre de côtes-du-rhône, la télévision qui diffuse en direct les nouvelles de la métropole, des équipements sanitaires (pharmacie, médecins, hôpitaux) de niveau national… La pause tropicale est ici encadrée par de solides repères. Ajoutons la facilité de conduire sur des routes bien balisées et la même langue parlée par tous, Antillais comme vacanciers.
Voilà qui gomme jusqu’à l’inquiétude d’un retour rapide en cas d’urgence. Mieux : les numéros utiles sont les mêmes qu’en métropole : 15 pour le Samu, 17 pour la police, 18 pour les pompiers… Voilà aussi qui distingue les Antilles françaises de leurs voisines. Inutile d’accabler ces dernières pour leurs médiocres infrastructures routières ou sanitaires, le téléphone hors de prix ou l’insécurité qui flambe. Au minimum faut-il souligner que leurs hôtels sont tous à la mode américaine, depuis les prises électriques jusqu’au café insipide, en passant par la télévision par satellite et les additions en dollars.De décembre à mai, la température moyenne oscille entre 27 et 30° C, à la Martinique comme à la Guadeloupe. Ciel bleu, plein soleil et… bronzage garantis. Voilà qui pousse à la pause plage. Des kilomètres, tapissés de sable blanc. A la Martinique, viser le Diamant, Sainte-Luce et Sainte-Anne. A la Guadeloupe, opter pour Gosier et Sainte-Anne, (sans négliger les airs chics de Saint-François), pas plus que les landes sauvages et les criques désertes de la Pointe des Châteaux.
Une cinquantaine de vols desservent chaque semaine les deux départements français des Antilles, en direct au départ de Paris. Pour moitié, ils sont assurés par Air France. En saison, de nombreux départs des grandes villes des régions sont également programmés. Les vols durent 8 h 30 et permettent, en quittant la métropole en fin de matinée, de s’installer dans sa chambre d’hôtel en fin d’après-midi, décalage horaire (5 heures en hiver) compris.
Les vols retour décollent de Fort-de-France (Martinique) et de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) en fin de journée et atterrissent en métropole au petit matin. Seul reproche, ils ne répondent pas aux habituels critères de confort aérien. Remplissage maximum, service sommaire et prestations comptées, afin de rogner sur les coûts d’exploitation. A l’inverse, les formalités sont rapides et le transfert des bagages est souvent assuré par les tour-opérateurs, ce qui permet d’enregistrer ses valises à l’aéroport de départ pour les retrouver devant la porte de sa chambre ou de sa cabine.Plage certes, mais avec toutes les formules d’hébergement possibles. De l’auberge de jeunesse, au palace étoilé, en passant par les hôtels-clubs, tout est possible.
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Corse, Cap de Saint Jean
Découverte de la presqu’île entre Bastia et Saint-Florent. Cette presqu’île a façonné l’âme de sa population. De tradition la Corse est une terre de bergers et de montagnards qui fuyaient le littoral comme la peste.
Cette presqu’île a façonné l’âme de sa population. De tradition la Corse est une terre de bergers et de montagnards qui fuyaient le littoral comme la peste – ou plutôt la malaria – et les envahisseurs. Les Cap-Corsins eux regardent la mer. La Méditerranée est omniprésente sur cette épine rocheuse de 40 km de long et 15 km de large.
Longtemps ses habitants vécurent en quasi-autarcie: le cap n’a été relié au reste de l’île par une route qu’à la moitié du XIXe siècle. Les Cap-Corsins ont toujours tiré leur maigre richesse de la mer. Nombreux sont aussi ceux qui ont préféré répondre à l’appel du large. Ils ont jeté l’ancre à Saint-Domingue à Porto Rico ou en Amérique du Sud au cours du XIXe siècle. Fortune faite ils reviennent au pays et se font construire des palais baptisés «les maisons des Américains».
Demeures cossues elles s’inspirent des palazzi italiens ou des villas coloniales avec leurs dimensions imposantes leur escalier monumental leurs portes en fer forgé… Voilà qui tranche singulièrement avec l’architecture austère des maisons de village. Ce patrimoine ne se visite pas mais un coup d’œil est toujours recommandé notamment à Rogliano Centuri (hôtel du Vieux Moulin) Morsiglia (palazzu Ghielfucci au hameau de Pecorile) Sisco (la villa Saint-Pierre au hameau de Barrigione)…
Pour les mêmes raisons la presqu’île abrite d’étonnants mausolées ultimes demeures de lignée fortunées et des fameux «Américains» tel le tombeau monumental de la famille Altieri-Calizi au hameau de Minervio ou bien celui des Piccioni à Pino.
Le cap et ses classiques peuvent se découvrir dans la journée en suivant la route de la corniche. Elle serpente entre ciel et mer de Bastia jusqu’à Saint-Florent.
La côte orientale se distingue par un doux relief avec des vallées ouvertes sur la mer. Ici et là quelques «marines» comme on appelle les extensions maritimes d’une kyrielle de petits villages nichés dans la montagne déploient leurs vieilles maisons aux murs de schiste autour d’un port de poupée. Illustration à Erbalunga ou à Porticciolo.Seule Macinaggio (dernière marine avant de passer à l’ouest) abrite un vrai port de plaisance l’un des plus courus du cap Corse. Il peut abriter jusqu’à 200 bateaux. C’est aussi principalement sur la côte est que se trouvent les plages de sable à Macinaggio Porticciolo Pietracorba Meria…
La côte occidentale offre un tout autre visage: relief escarpé à-pics vertigineux auxquels s’accrochent de magnifiques villages véritables vigies de la Méditerranée. Si Nonza en est la plus belle illustration vertige compris Canari ou Pino ne sont pas en reste. Accrochés à la montagne noyés sous les pins et les cyprès fixant l’horizon bleu marine ces deux bourgs révèlent leur sublime beauté à l’heure du couchant. Sans oublier le coup de cœur obligé pour Centuri un des ports les plus mignons de l’île de Beauté.
Pour y accéder il faut emprunter une petite route en pente raide toute de virages. Elle semble ne jamais finir. C’est sa manière de préparer le spectacle d’assurer la surprise. Une dizaine de kilomètres plus bas le minuscule port apparaît enfin bordé de maisons aux murs usés par le temps. Les barques de pêcheurs tanguent paisiblement dans le bassin alors que les filets sèchent au soleil. Décor de théâtre et superbe petit joyau enclave demeurée par miracle à l’abri du monde et du temps. Ici veille l’esprit du cap.